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Église Orthodoxe Occidentale du Canada

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Histoire de l'Orthodoxie Occidentale

christianisme
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Nous ne désirons pas dans cette section tenter de réécrire l'histoire de l'Orthodoxie Occidentale. Notre réflexion puisa aux sources même de ceux qui nous précédèrent dans ce chemin depuis de nombreuses décennies. Les textes suivants, explicitant l'histoire et la réalité de l'orthodoxie occidentale, furent empruntés à des juridictions européennes qui nous sont très chères; ils sont nos frères qui nous précédèrent et travaillèrent à l'émergence de l'orthodoxie occidentale. Comme ils acceptent de partager leur expérience sur la toile du web, nous reproduisons ici certains textes très significatifs. Cependant, le fait d'emprunter n'est absolument pas un engagement de la part de ces juridictions face à notre juridiction. Nous ne prétendons pas à être en communion officielle avec elles, même si de coeur nous les considérons ainsi, mais utilisons le matériel si gracieusement offert sur internet. Ces juridictions nous furent d'une aide extrèmement précieuse dans l'établissement de notre liturgie et nous désirons les remercier de grand coeur.  À la fin de chaque article vous retrouverez les coordonnées de ces juridictions de l'orthodoxie occidentale afin que vous puissiez davantage augmenter vos connaissances et nourrir votre foi.

Histoire de l'Église Orthodoxe Catholique de France

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Texte emprunté à l'Église Orthodoxe des Gaules:

http://www.eglise-orthodoxe.eu

Un seul Christ et une seule Eglise universelle
Père Matta El Maskine

Dans une époque comme la nôtre, entachée d'esprit sectaire, nous avons vite fait de penser que les mots du Credo : Nous croyons en une seule Eglise universelle se réfèrent au type d'unité qu'on trouve dans la confession (ou la communauté) à laquelle appartient tel ou tel chrétien, qu'il soit orthodoxe, catholique romain ou protestant. Le concept d'universalité est influencé par celui d'une unité marquée de sectarisme. Un croyant orthodoxe affirmera que l'unité de l'Eglise réside purement et simplement dans l'Orthodoxie et que l'universalité n'englobe que les orthodoxes qui se trouvent dans le monde entier. Un catholique et un protestant feront pour leur part des affirmations similaires. Ainsi chaque chrétien se forge une idée théologique de la nature de l'Eglise telle que son unité semble enfermée dans les frontières de sa propre confession, et que son universalité n'est plus alors qu'un aspect spatial de l'Eglise, dans les limites définies par le dogme.

Une vision aussi étroite qui s'accroche fanatiquement à des habitudes mentales et à l'esprit de clocher fait perdre de vue la réalité de la nature infinie de l'Eglise, qui dépasse aussi bien la pensée de l'homme que tout son univers terrestre.

L'Eglise est bien plus grande que l'homme ! Elle est même plus grande que les cieux et la terre, car l'homme n'a jamais rempli l'Eglise et ne la remplira jamais, même si le monde entier avec toutes ses structures, toutes ses croyances passées et futures était sauvé. Car le seul qui remplit l'Eglise, c'est le Christ. Car il est luimême la plénitude parfaite qui seule peut remplir tout en tout (Ep 1,23): l'homme, son intelligence, le temps et l'espace ! Le monde entier, les cieux et la terre ne peuvent contenir l'Eglise. Tout au contraire, c'est l'Eglise qui contient largement la terre et les cieux de l'homme. L'Eglise est la nouvelle création (2 Co 5,17), le ciel nouveau et la terre nouvelle (Ap 21,1), l'homme nouveau (Ep 4,24). Les cieux anciens et la terre ancienne sont engloutis dans la nouvelle création, comme s'ils n'existaient plus (bien qu'ils existent encore). De même la mort est engloutie (1 Co 15,54) dans la vie, de sorte qu'elle ne domine plus; et ce qui est corruptible est englouti dans ce qui est incorruptible. Tout devient nouveau, vivant, éternel et pur. Le nouveau ici, c'est ce qui appartient au TOUT INALTÉRABLE ET INFINI, tandis que l'ancien est ce qui est partiel, qui périt nécessairement, à cause de sa nature essentiellement changeante.

Aussi l'Eglise, de par son caractère universel, est-elle plus grande que l'homme, que ses concepts, ses structures et ses dogmes ; plus grande que le monde, avec ses immenses virtualités, que la terre avec toute son entropie, que tous les événements temporels du premier jusqu'au dernier.

L'Eglise est la nouvelle Totalité. Cet aspect de totalité, ici, lui vient de la nature du Christ - dont l'Eglise a été formée - car cette nature inclut tout ce qui appartient à l'homme et à Dieu, par l'Incarnation.

L'Eglise est donc «totale», ou en d'autres termes «universelle», «catholique», dans la mesure où elle recueille ensemble, dans le Corps du Christ qui la remplit, tout ce qui appartient à l'homme et tout ce qui appartient à Dieu, en une unique entité, à la fois visible et invisible, finie et infinie, une existence limitée par le temps et l'espace en même temps qu'éternelle et surnaturelle.

Le mot «catholique» vient du grec kaq (selon) et loz (tout). Littéralement, il signifie «totalité». Il s'agit ici d'une «totalité» ultime, qui transcende toute existence finie. C'est une totalité inaltérable, infinie, infrangible. C'est une totalité indéfectiblement UNE, comme la nature même du Christ, sans division, sans confusion et sans changement.

Telle est l'Eglise, semblable en tout au Christ. De même que le Christ est un en sa personne ; de même que, de par sa nature, il embrasse tout dans son existence qui est à la fois temporelle et éternelle, localisée et dépassant l'espace, de même l'Eglise est à la fois une et universelle. Quiconque se trouve dans l'Eglise est nécessairement «un» et doit être «un» en raison de la catholicité de l'Eglise, autrement dit, en raison de sa capacité divine, reçue du Christ, d'unir l'homme tout entier en Dieu. Qui est en Christ est de Dieu et est «un» en Dieu.

L'Eglise réalise cette catholicité par les sacrements, car, par les sacrements, tous les fidèles sont unis entre eux, unis dans le corps mystique du Christ, devenant ainsi tous ensemble un seul corps et un seul esprit, accédant ainsi à la nature de l'Eglise une et universelle. Le corps du Christ dans l'Eglise est le secret de sa catholicité. Sa personne unique est le secret de son unicité.

Si les fidèles dans l'Eglise ne parviennent pas à l'unité de coeur et d'esprit par la communion au Corps unique, s'ils ne parviennent pas à l'amour unifiant que dispense la personne du Christ qui règne sur tout, les sacrements ne représentent plus que des rites formels et c'est cela qui prépare la discorde intellectuelle et dogmatique. Le formalisme sacramentel ou dogmatique est incompatible avec la réalité du Corps unique et qui contient tout, qui donne la vie à tous ceux qui s'en nourrissent et les fait devenir «un» en lui. Dans l'Eglise, le Corps du Christ est source de vie et d'unification. Il est vivant et vivifiant, il est capable de faire tomber toutes sortes de barrières créées par le temps et l'espace, par l'intellect et les instincts de l'homme, qu'il s'agisse de barrières sociales (il n'y a plus en Christ ni esclave, ni homme libre), raciales ou culturelles (ni juif, ni grec, ni barbare), sexuelles (ni homme, ni femme (Ga 3,28)). Le corps mystique du Christ est dans l'Eglise source de la puissance qui la rend capable de tout rassembler et unir dans sa propre nature catholique et unique.

L'Eglise est la nouvelle création. Adam était la «tête» de la première création humaine, l'être unique dont étaient issus les peuples, les races, les classes, les individus de l'humanité. Ainsi le Christ, devenu le second Adam, est la «tête» de la nouvelle création humaine, l'être unique dont est issu l'homme nouveau, comme une race unique élue (la race divine du Christ), comme un peuple justifié (peuple rassemblé par la justice du Christ, non par sa propre justice), comme une nation sainte (1 P 2,9) (née du saint baptême et non du sein d'une femme).

Le grand secret de la capacité du Christ à unifier races et peuples, à abolir toutes les barrières qui séparent les humains (et à réaliser l'universalité de l'Eglise), c'est qu'il est Dieu incarné, à la fois Fils de Dieu et Fils de l'homme. La divinité du Christ a permis à son humanité de dépasser tout racisme, tout nationalisme, tout particularisme, tout péché et toute mort. Parce que le Christ était Fils de Dieu, il a pu rassembler l'humanité dans une filiation unique à l'égard de Dieu. Aussi, quiconque participe à la chair du Christ voit se dissoudre en lui toutes sortes de barrières, en même temps que le péché et la mort. Il est ainsi rendu «un» avec tout homme; il devient un homme nouveau, une nouvelle créature purifiée à l'image du Christ et, par conséquent, fils de Dieu à l'intérieur de l'unique filiation du Christ. Si donc l'Eglise est catholique, c'est en dépendance de la chair divine du Christ en tant que celle-ci a le pouvoir de rassembler l'humanité, de l'unifier en une unique filiation à l'égard de Dieu.

La catholicité de l'Eglise est celle du Christ. C'est la nature du Christ qui opère, elle qui peut réunir tout à la fois l'homme avec Dieu et l'homme avec l'homme. En d'autres termes, l'Eglise, en raison de sa catholicité, s'oppose à toute discrimination, à toute division, à tout repliement sur soi et même à tout ce qui provoque la division, d'où qu'elle vienne, que ce soit de l'intérieur ou de l'extérieur de l'homme.
Les couleurs, les races, les peuples divisés, le Christ ne les rassemble pas seulement en une seule façon de penser et en une seule foi, il les rassemble en un seul Corps au sens fort du terme, avec tout ce que cela comporte d'intimité, de compréhension et d'amour. Aussi, l'Eglise, qui est son Corps mystique par le baptême et l'eucharistie, se trouve être le point de rencontre de toute l'humanité, le seul point de rencontre pour tous les peuples, les nations, les races, les langages, les sensibilités, celle qui dissout toutes les barrières et les désaccords. Ainsi tous deviennent un seul grand corps pur, un seul esprit d'intimité et d'amour, un seul homme réconcilié qui a pour tête le Christ, qui assume tout ce que chaque race, chaque peuple, chaque couleur, chaque langage possède comme privilèges et comme talents, mais sans que cela entraîne division, ni dispute ou discrimination. Voilà exactement ce que signifie la «catholicité» de l'Eglise.

Pourquoi alors l'Eglise n'a-t-elle pas encore pleinement réalisé cette catholicité - ou plutôt pourquoi ne vit-elle pas encore pleinement dans le monde selon sa nature catholique, qui devrait être l'essence de sa vie en Christ, la manifestation de sa puissance, le secret de sa perfection, de son intégrité divine? La raison est simple et évidente. Elle n'a pas encore perçu ses concepts divins dans leur pureté, dans leur dimension surnaturelle qui dépasse toute logique et toute intelligence humaines. Autrement dit ses concepts sont encore liés à des interprétations, à des raisonnements philosophiques qui l'empêchent de percevoir clairement «la nature catholique du Christ», son pouvoir transcendant de totale réconciliation, son pouvoir d'unifier les natures différentes d'une manière qui dépasse les capacités de chacune d'entre elles et qui ne se limite pas aux idées, aux principes et aux dogmes, pouvoir qui trouve sa source dans le pardon, dans la purification, la justification et même la sanctification de tout homme par le sang du Christ, qui peut racheter les péchés du monde entier. On pourrait dire que l'Eglise n'a pas encore découvert l'étendue du pouvoir inhérent au sang du Christ, tout ce que peut opérer sa chair, la profondeur de son amour et de sa justice.

Il est évident que les définitions théologiques qui ont été à l'origine des schismes sont, en elles-mêmes, impeccables. Les problèmes se trouvent dans la manière de les interpréter et de les approfondir. Ici, l'homme a approché la nature divine de Dieu, simple et limpide, avec l'esprit et les pensées d'Adam, non ceux du Christ. Là les divisions sont une conséquence inévitable de la nature divisée d'Adam. Les divisions, qui se manifestent dans la manière dont nous envisageons, dont nous percevons le Christ, n'ont rien à voir avec la personne du Christ-, avec sa nature qui est universelle, mais elles résultent de la division qui a affecté la nature humaine, une nature blessée par le péché, empoisonnée parla haine, le soupçon, le malentendu, la vanité et les dissensions. Les schismes qui déchirent l'Eglise n'ont pas leur origine dans l'Eglise, mais dans l'incapacité de l'homme à percevoir, à saisir, à comprendre la réalité du Christ et de l'Eglise.

Nous voyons donc que, chaque fois que nous divergeons au sujet de la nature du Christ ou de l'Eglise, c'est un signe que nous avons envisagé les réalités divines, théologiques, avec un esprit humain, selon le vieil homme et par conséquent, en fait, de façon non théologique. Chacun des schismes qui est intervenu dans l'Eglise nous avertit qu'en ce point, l'homme a abordé les problèmes de l'Eglise de façon ethnocentrique, raciale (ce qui ne peut mener qu'à la division), au lieu de le faire dans un esprit d'Eglise, un esprit «catholique» (qui unit).

Ce n'est que pour l'homme vraiment nouveau, l'homme qui a la pensée du Christ, que le Christ sera Un, qu'il ne sera pas divisé (1 Co 1,13), ni source de division ou de discorde. Ce n'est que pour cet homme nouveau, qui a accueilli en profondeur la nature du Christ, que l'Eglise sera vraiment une dans le monde entier, unique et catholique, ouverte à tous, orthodoxe dans toute sa pensée, sans sectarisme ni germe de division.

Ce n'est que lorsque chacun renonce totalement à sa propre volonté que peut apparaître la seule volonté du Christ. Lorsque chacun renie ses passions, ses haines, soumet son corps et son esprit à l'oeuvre de l'Esprit Saint, alors, et alors seulement, le Corps mystique du Christ est manifesté et agit au sein de l'Eglise pour rassembler les coeurs, les principes et les idées. Lorsque chacun soumet pour de bon sa vie au Christ, alors, et alors seulement, la vie du Christ se manifeste dans l'Eglise et l'Esprit Saint se répand en elle en plénitude.

Quand, à l'intérieur de l'Eglise, chaque personne se soumettra spirituellement à Dieu, avec fidélité et sincérité, par un vif repentir, quand chaque Eglise se soumettra ainsi d'une soumission spirituelle, fidèle, sincère, pleine d'un vif repentir, alors l'Eglise sera rendue Une par la grâce de Dieu, les Eglises s'uniront par la puissance de l'Esprit Saint et le Christ sera le seul berger de l'unique troupeau, le menant lui-même par son Esprit et devenant pour lui source de sa catholicité et de son unicité.

L'Eglise n'est-elle pas manifestation de l'Incarnation du Christ sur la terre, continuée à travers l'histoire? En son sein, les fidèles forment la nouvelle nature humaine, glorifiée dans la personne du Christ, en qui elle est adoptée par Dieu.

Un seul Christ et une seule Eglise universelle

Comment le Christ sera-t-il manifesté dans l'Eglise, sinon par l'unité des pensées, des désirs et des volontés, par un même sentiment de l'unité profonde, humaine et spirituelle, qui existe entre les enfants du Dieu unique, ceux qui ne sont nés ni du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu (Jn 1,13)?

Comment témoigner devant le monde que Dieu est un, sinon par l'unité de ceux qui sont nés de Lui?

Comment le monde pourra-t-il croire que Jésus Christ est le Fils unique de Dieu, sinon dans la mesure où seront fils ensemble ceux qui croient en lui, dans la mesure où seront « un » ceux qui sont nés de Dieu par sa mort pour eux sur la croix et sa résurrection où il les entraîne, qui se sont maintenant unis à son corps, à son sang et à son Esprit, et qui, par conséquent, sont tous devenus membres d'un même Corps?

N'est-il pas évident que l'universalité et l'unité de l'Eglise constituent toute la théologie, qu'elles sont la preuve de l'existence du Christ et de son action, la réalisation de la nouvelle naissance dans l'eau et le Saint Esprit, reçue du ciel par l'homme?

Les déficiences que nous constatons dans les différentes Eglises en ce qui concerne l'universalité et l'unité de l'Eglise exigent de nous, non que nous reconsidérions notre théologie, car notre théologie est correcte et fidèle, mais que nous nous mettions nous-mêmes en question à la lumière de cette théologie, pour que nous puissions corriger notre vision de Dieu, le seul Père de toute l'humanité, et notre vision du Christ, comme seul sauveur et seul rédempteur de tous ceux qui appellent son Nom (Ac 2,21; Rm 10,13), lui qui a ramené, sans discriminations, l'humanité entière à l'adoption filiale, pour que nous puissions enfin corriger notre amour pour l'homme, - pour tout homme - comme étant indiscutablement notre frère, quand bien même il nous manifesterait son hostilité et nous tendrait des pièges mortels.

Il ne faudrait pour autant pas perdre de vue que ce qui nous pousse à rechercher cette catholicité et cette unité de l'Eglise, ce n'est pas simplement un zèle théologique, ou l'idéalisme, ni même un remords de conscience. Ce doit être notre foi, notre amour, c'est-à-dire la nouveauté de notre nouvelle naissance, qui vient du ciel et que nous ne pouvons réellement vivre en dehors de la catholicité et de l'unité de l'Eglise.

L'homme nouveau ne peut aucunement vivre comme «une partie» séparée des autres parties, encore moins dans l'hostilité ou la haine à leur égard. L'homme nouveau ne peut être qu'un «Tout», il ne peut être que «Un», car il est d'une nature catholique et d'un Père qui est Un. La nouvelle nature une reçue à la naissance par chacun dans l'Eglise est celle qui fait que tous sont Un (Ga 3,28 et Jn 17,21) par la grâce et l'Esprit. L'amour impose son autorité divine et universelle. L'unique paternité du Père imprègne ceux qui sont nés de lui, à l'image du Christ, le Fils unique.

L'Eglise est donc catholique parce qu'elle est le corps du Christ immolé par amour pour le monde ENTIER, qui rassemble en lui toutes choses (Ep 1,10).

L'Eglise est une parce qu'elle est la demeure qu'on ne peut briser, celle du Père.

Et maintenant, nous attendons avec une grande impatience, dans la prière et les larmes, avec la sensibilité de l'homme nouveau, que se réalisent la catholicité et l'unité de l'Eglise dans le monde entier.

Père Matta El Meskyne
Père Matta est le Père Spirituel du Monastère Saint-Macaire dans le désert de Scété en Egypte.
Article publié en arabe, en 1972, dans la revue Al-Nour (La Lumière), éditée au Liban par le Mouvement de la Jeunesse Orthodoxe.

© Eglise Orthodoxe des Gaules - 17 décembre 2006 -

EGLISE ORTHODOXE DES GAULES

Qui sommes nous ?

Quelles sont nos fondements ?

Quel est notre projet ?

Il n'est pas inutile de préciser ce que nous sommes d'où nous venons et où nous allons.

Tout d'abord nous ne sommes pas une création religieuse nouvelle, nous ne sommes pas une

"secte". Nous sommes membres de l'Église orthodoxe, plus précisément de l'Eglise Orthodoxe des

Gaules laquelle est en pleine communion avec l’Eglise Orthodoxe Celtique et l’Eglise Orthodoxe

Française et en communion de foi avec toutes les Eglises orthodoxes.

Nous sommes orthodoxes, c'est-à-dire que nous professons la foi chrétienne telle qu'elle est

exprimée dans les écrits des apôtres et des saints Pères, dans les symboles de foi et les canons des

Conciles oecuméniques de toute l'Eglise, dans toute la tradition ascétique et liturgique de l'ancienne

Église indivise. A égale distance de l'individualisme et de l'autoritarisme, l'Église orthodoxe est à la fois

une Église de tradition et de liberté. Elle se veut surtout une Église d'amour. Ce n'est ni sur un pouvoir

extérieur, ni sur des efforts isolés, mais seulement sur la grâce divine et la charité fraternelle qu'elle

s’appuie pour maintenir unis et pour vivifier les membres du Corps mystique du Christ. Nous ne faisons

pas de prosélytisme. Nous respectons et aimons tous nos frères en Christ. Loin de songer à une lutte ou à

une concurrence, nous appelons de nos voeux une collaboration partout où elle sera possible pour

prêcher l'Evangile de Jésus Christ à notre monde assoiffé et désemparé. Nous déplorons que l'unité de la

chrétienté ait été brisée et nous prions Dieu de hâter son rétablissement pour que le monde nous

reconnaisse comme ses disciples à l'amour que nous avons les uns pour les autres.

Nous nous sentons liés à l'ancienne tradition "orthodoxe" de l’Europe occidentale qui en ce

temps là s'appelait les Gaules, à l’Europe des siècles où l'Orient et l'Occident n'étaient pas séparés. Saint

Irénée au IIe siècle fut le premier grand trait d'union entre l'Orient et l'Occident, mais l'Occident a

bénéficié aussi, du rayonnement de saint Jean Cassien, moine ayant vécu longtemps à Bethléem et dans

les déserts de Thébaïde et de Scété où il avait reçu et expérimenté la Tradition des Pères du Désert, et

qui érigea à Marseille deux monastères sur le modèle de ceux d'Egypte. Son exemple et ses écrits

fécondèrent tout le monachisme occidental depuis le monachisme provençal des Iles de Lérins et des

Pères du Jura jusqu'à la grande tradition bénédictine qui perdure jusqu'à nos jours. Saint Athanase,

patriarche d'Alexandrie et défenseur de la foi au concile de Nicée, qui fut exilé par l'empereur romain à

Trêves, alors l'une des grandes métropoles des Gaules, fut accueilli à bras ouvert par l'évêque du lieu et

c'est à la demande des moines d'Occident qu'il rédigea la "Vie de Saint Antoine", modèle de tout le

monachisme chrétien.

Les martyrs de Lyon et de Vienne, saint Denys, , saint Hilaire de Poitiers, saint Martin de Tours,

saint Honorat, sainte Geneviève, sainte Radegonde et tant d’autres …: tels sont aussi quelques-uns des

grands noms de la terre des Gaules auxquels nous voulons nous rattacher. Mais nous nous sentons très

proche aussi de Sainte Jeanne d'Arc, de Pascal, de Saint Vincent de Paul ou de Sainte Thérèse de

Lisieux comme du très récent Père du Désert du Maghreb qu'était Charles de Foucault. Tout ce que le

© Eglise Orthodoxe des Gaules - 17 décembre 2006 -

coeur et l'intelligence de l’Europe occidentale d’hier et d'aujourd'hui créent de bon et de grand, nous

voulons le sentir nôtre, le consacrer au Christ, le regarder orthodoxement.

Pendant plus de dix siècles, l’Occident chrétien a été fondamentalement en communion de foi

avec l’Orient chrétien malgré les incidents et les brouilles passagères qu’on connaît dans toutes les

« familles ». Puis ce fut une longue séparation (8 siècles) qui devint peu à peu une grande ignorance

réciproque.

L’émigration russe du début du 20e siècle rappela l’existence de l’Orthodoxie, c’est-à-dire d’un

christianisme proche des origines, à l’Occident. Il rencontra aussi l’aspiration de certains occidentaux à

retrouver cette Eglise du 1er millénaire, cette Eglise indivise, dans sa foi vivante et expérimentale, dans

les splendeurs de sa liturgie occidentale et dans sa capacité de liberté en Dieu, débarrassée des rajouts et

sédimentations que les siècles et l’esprit rationalisant avaient déposés pendant le dernier millénaire.

Cette rencontre produisit la résurgence de l’Orthodoxie occidentale. Nous ne sommes pas les

premiers occidentaux à tenter de vivre l'orthodoxie à l’époque contemporaine, dès 1929 une première

paroisse se constitua au sein de l'Eglise orthodoxe russe avec ce même projet et avec à sa tête un prêtre

français, le Père Lev Gillet, dont les livres sont signés "un moine de l'Eglise d'Orient". Un peu plus tard,

en 1936, le flambeau fut repris avec l'aide du Père Lev par Mgr Irénée Winnaert et sa paroisse, toujours

dans le cadre de l'Eglise orthodoxe russe, puis par le Père Eugraph Kovalevsky qui donna corps au

projet et à l'expérience d'une orthodoxie occidentale en restaurant l'antique liturgie occidentale de la

Gaule orthodoxe à partir des lettres de saint Germain de Paris et en créant de nombreuses paroisses,

unifiées en un diocèse dont il fut l'évêque sous le nom de Jean de Saint-Denis de 1964 à 1970. A sa

mort, c'est au sein de l'Eglise orthodoxe roumaine que ses communautés trouvèrent accueil dans leur

spécificité d'orthodoxes occidentaux (c'est-à-dire avec leur antique liturgie des Gaules) sous la conduite

de Mgr Germain de Saint-Denis, sacré en 1972 par l'Eglise orthodoxe roumaine. Les grandes difficultés

de compréhension que manifesta le monde byzantin et slave de la diaspora devant l'expérience de

l'orthodoxie occidentale, ainsi que des difficultés internes, entraînèrent de fortes pressions ecclésiales sur

l'Eglise roumaine et provoquèrent un phénomène d’éclatement. Certains partirent dans les diocèses

roumain, puis serbe, ou copte… dans l’espoir d’y continuer l’oeuvre de l’Orthodoxie occidentale.

Mais les descendants d’immigrés de Russie, de Grèce ou des Balkans et leur clergé ont eu et ont

toujours bien des difficultés pour comprendre qu’on puisse confesser la foi orthodoxe et être occidental.

Ils confondent souvent la foi et la culture et veulent imposer l’une avec l’autre. La hiérarchie catholique

romaine, de son côté, voit généralement d’un mauvais oeil ces communautés chrétiennes à la fois très

anciennes et pourtant toute nouvelles : leur seule présence semble contester les discours

« religieusement corrects ». Depuis 70 ans des hommes et des femmes ont essayé de restaurer, malgré de

multiples difficultés, cette Eglise de nos Pères dans notre Europe déchristianisée et sécularisée : une

Eglise qui professe la foi et l’enthousiasme des origines, qui célèbre l’ancienne liturgie des Gaules, celle

que le génie de notre culture multiple (grecque, latine, gauloise, mérovingienne…) enfanta avant que ne

soit imposée l’uniformisation ecclésiale par le pape de Rome. Mais finalement au bout de quelques

années, à chaque tentative, les Eglises orthodoxes orientales ont essayé d’annihiler le projet de

restauration de l’orthodoxie occidentale. Les orthodoxes occidentaux ont ainsi pris conscience avec le

temps et les épreuves qu’ils ne pouvaient attendre d’aides de personnes sinon de Dieu et d’eux-mêmes.

Aussi, devant ce constat, nous avons décidé de nous rassembler au sein de l’Eglise Orthodoxe

des Gaules, ne dépendant plus hiérarchiquement des Eglises orthodoxes orientales, tout en les

reconnaissant comme des Eglises-soeurs dans la foi et en gardant la main tendue vers elles. Nous ne

sommes pas seuls pour autant puisque nous avons constitué avec l’Eglise Orthodoxe Celte et l’Eglise

Orthodoxe Française une communion des Eglises orthodoxes occidentales.

© Eglise Orthodoxe des Gaules - 17 décembre 2006 -

Partageant la même foi mais délaissant le caractère souvent autoritaire et conservateur des

structures d’Eglises telles que nous les connaissons, nous voulons établir entre nous des rapports

d’amour et de respect, de collaboration et de solidarité. Dans ce cadre nouveau, nous nous sommes

réunis dans l’Est de la France, à Gorze en Moselle, le 17 décembre 2006, autour de quatre évêques

orthodoxes occidentaux pour sacrer le Père Michel Mendez, jusqu’alors abbé du monastère orthodoxe St

Michel de Bois-Aubry en Touraine, évêque de l’Eglise orthodoxe des Gaules sous le nom de Grégoire.

Cette Eglise Orthodoxe des Gaules si ancienne par son histoire et si jeune dans sa résurgence est

composée pour l’instant de petites communautés paroissiales en France et en Belgique et propose aux

occidentaux qui le souhaitent de vivre la foi chrétienne dans la fidélité aux sources du Christianisme,

celles des Apôtres, des Pères du désert, de la mystique orthodoxe, sans oublier que nous vivons au 21e

siècle.

Réunissant foi orthodoxe et culture occidentale, Tradition et modernité, cette Eglise locale

propose des voies nouvelles pour vivre le message toujours actuel du Christ dans ce monde en quête

d’amour et de profondeur, d’unité et de diversité, partageant la vision originelle du christianisme sur le

monde et sur l’homme pour répondre aux grands défis de notre civilisation post-moderne.

Certes, nous ne sommes actuellement qu'une petite minorité. Du moins faut-il que cette minorité

soit une vraie force spirituelle et cela dépend de chacun. "Le grain de sénevé est la plus petite de toutes

les semences" dit l'Évangile (Matthieu 13-32). Mais l'Évangile ajoute que le grain de sénevé peut

devenir un arbre où viennent nicher les oiseaux du ciel. Dieu voudra-t-il donner la croissance à notre

grain de sénevé ? Nous l'ignorons. Ce que nous savons, c'est que nous devons travailler à nous rendre

moins indignes d'une telle croissance. Sans nous opposer à d'autres, sans nous mettre en avant, nous

devons chercher dans l'humilité et la charité le Royaume de Dieu. Nous devons tendre à ce que, aux

yeux de ceux qui découvrent en nous l'orthodoxie, ce mot devienne synonyme de deux grandes choses :

croire en Jésus-Christ, vivre en Jésus-Christ.

Ce rapide rappel des fondements de nos communautés et de l'histoire de l'Eglise permettra, nous

l'espérons, de mieux comprendre pourquoi et comment nous sommes à la fois orthodoxes et

occidentaux.

POUR MIEUX CONNAÎTRE

L’EGLISE ORTHODOXE DES GAULES

Eglise orthodoxe des Gaules (E.O.G.) : http://www.eglise-orthodoxe.eu/

POUR MIEUX CONNAÎTRE

LA COMMUNION DES EGLISES ORTHODOXES OCCIDENTALES

Eglise orthodoxe celtique (E.O.C.) : http://www.orthodoxie-celtique.net/

Eglise orthodoxe française (E.O.F.) : http://www.eof.fr/

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